Le genêt.



01/05/2008. Mai, le mois des fleurs des champs.

Malgré le temps parfois maussade la nature nous émerveille par son renouveau. Il n’y a qu’à observer les tiges colorées qui se balancent au souffle printanier. Nous n’en citerons que quelques-unes.

L’aubépine a mis sa robe de mariée. Reine de beauté de quelques semaines, elle gardera ses épines acérées : les lunes de miel sont éphémères.

Quelle plante est plus lumineuse que le genêt qui se gonfle d’un jaune plus proche du serin que de l’or. Parfois les routes nous offrent une double haie d’honneur. Mais la belle est rebelle : quelqu’un essaya de la tailler en boule : vexée à mort, elle creva...

De même que le bouton d’or étincelle sur le fond du vert gazon.

D’autres fleurs nous accompagnent au bord des chemins : le compagnon rouge et le compagnon blanc. C’est bien leur nom commun (prononcer le nom officiel en latin constitue une agression...). Le rouge au calice velu à cinq pétales fait émerger ses longues tiges de la mini forêt vierge qui recouvre les fossés. Le blanc, en touffes plus ramassées attend surtout la fin de la journée pour exhaler une senteur prononcée.

Il existe aussi des fleurs bleues, violettes : la timide violette odorante, le bleuet qui présente de la boule centrale aux sépales ciselés tout un camaïeu de mauve et d’autres...

Ces fleurs sont qualifiées de sauvages car elles ne conservent que peu de temps leur éclat. La robe légère du gracieux coquelicot se flétrit dès sa cueillette. Comme la chèvre de Monsieur Seguin, elles préfèrent mourir que d’être privées de liberté.

Pourtant dans la nature tout et son contraire existe. Le myosotis s’apprivoise. On rappellera sa légende. Deux amoureux se promenaient au bord d’une rivière lorsque la demoiselle s’émerveilla d’une jolie fleur bleue près d’un rocher. Le fiancé réussit à la cueillir mais glissa. Avant de disparaître dans l’onde noire, il eut le temps de jeter à sa bien-aimée les petites corolles bleues et de lui crier « Ne m’oublie pas ». En Allemand, cette fleur est appelée « Vergiesst mein nicht », en Anglais « Forget me not » comme quoi la poésie n’a pas de frontières.
Texte de Jean René Dufour

 


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L’aubépine.
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Le compagnon rouge.
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Le compagnon blanc.
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Champ de coquelicots.
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Le myosotis.