04/01/2008. La légende de « la Tombe de la Dame » d’après André Montaudon.

Cette histoire a pour cadre le hameau de Vitrat près de St Maurice La Souterraine, chez nos voisins donc. Dans toute légende, il y a généralement un fond de vérité, à chacun de l’imaginer...

Nous sommes à la veillée, un soir de décembre 1141, à Vitrat dans la cabane du père Reinhardt. Le vent souffle en rafales et les loups hurlent, au-delà de l’étang, dans les halliers (les ronciers) de la forêt de Bessac. La soirée se poursuit, maussade. Même Guillemette, la fille de la maison refuse de chanter, pensant à son fiancé Gérard qu’elle doit épouser à la chandeleur prochaine mais qui depuis trois nuits n’est pas venu veiller. Sa mère, un temps permet d’oublier celle, si triste que la bise chante sous la porte : J’ai rencontré la Madeleine, J’ai rencontré la Madelon Landerira, rira dondaine Landerira, rira dondon. Mais la chanson est interrompue par les aboiements des chiens, qui depuis trois nuits mènent grand vacarme. Des loutres, le loup-garou ? Enguerrand le tourbier, un vrai païen se propose d’aller voir et sort accompagné de Heimlicht et Reynold, deux voisins. Arrivés près de l’étang les trois hommes se dissimulent dans des touffes de houx et ne tardent pas à voir une ombre apparaître, puis à distinguer un être hirsute recouvert d’une toison, proche de celle d’un mouton. C’est bien le loup-garou que Reynold frappe de son bâton ferré. Un cri de douleur, la toison tombe, apparaît une superbe jeune fille dont les yeux, distendus par la terreur, semblent implorer ses agresseurs. Enguerrand, croyant à un tour de malin, enfonce son pieu dans la poitrine de la demoiselle qu’Heimlicht achève d’un coup de tranche sur le crane. Tous trois reconnaissent Anhélis, la fille du seigneur de Lubignac, le maître du château voisin. Les villageois accourent puis Gérard le fiancé de Guillemette à qui Anhélis avait donné rendez-vous. Il se précipite sur la victime, la couvre de baisers et menace de dénoncer ses agresseurs. Ceux-ci le tuent et enterrent les deux amoureux près d’une roche sur le bord de l’étang. Le sire de Lubignac retrouva les meurtriers qui furent pendus aux créneaux du donjon. Anhélis fut inhumée auprès de ses ancêtres, tandis que le corps de Gérard fut livrés en pâture aux perches et aux brochets de l’étang. Guillemette, devenue folle, passa ses jours à filer en égrenant sa cantilène : « ...Landerira..rira..dondon... » En expiation, les habitants de Vitrat édifièrent près du lieu du meurtre une chapelle. On y voit encore une roche à laquelle la tradition a conservé le nom de « Tombe de la Dame »

Souvenir Cette légende fut le thème d’un sketch figurant en première partie du programme que « Les Saltimbanques » présentèrent notamment à St Priest en 1991 et dont nous avons retrouvé quelques photos. A cette époque, nous avons constaté la présence de très grosses roches près de l’étang mais pas la fameuse tombe. Il reste à tous ceux qui ont joué, le bonheur d’avoir reconstitué une veillée d’il y a longtemps.