Trésors d’automne. 30 octobre 2006

Vous les voyez revenir, le visage serein, ils traînent une poche dont la forme laisse deviner l’importance de la récolte.

« Alors vous en avez trouvé ? » Leur face devient radieuse, les yeux brillent et le contenu du sac vous fait baver d’admiration et d’envie. Un flot de paroles résume leur randonnée : « Au début, je ne voyais rien jusqu’à ma traversée d’un bosquet de petits chênes. Là, tapis sous les fougères je n’en croyais pas mes yeux, des cèpes... » Et même on vous indique vaguement l’endroit mais leur cueillette est modeste car la veille, un tel en a rapporté des dizaines de kilos : il en a préparé, congelé, donné, c’est bien simple, il ne savait plus qu’en faire !

Alors, vous vous équipez, bottes, k-way, sac et couteau. Passé l’orée du bois garnie de bruyère en fleur, une onde de jouvence vous submerge : fraîcheur et calme du lieu, couleurs en demi-teintes du début d’automne surgissant de la pénombre, et quelle senteur ! La pluie des jours derniers suivie de quelques rayons de soleil a renforcé la décomposition végétale qui exhale. Une promenade attentive commence, car la couleur du cèpe