Les cloches de notre église.

A l’heure où les bonnes volontés de l’Association patrimoine et autres s’emploient à restaurer l’église, blotties dans le clocher, muettes pour l’instant, elles attendent, toutes les trois. Comment ne pas penser à la chanson d’Edith Piaf, reprise par les Compagnons de la chanson ?
Elles ont été l’âme du clocher, ont ponctué la vie des hommes : leur arrivée spirituelle, la liesse du jour où avec toutes les familles réunies elles consacrent la promesse d’un grand bonheur et aussi le glas d’une vie passée. Laquelle a servi d’alarme : pour un incendie, un accident sans oublier les effroyables tocsins des mobilisations générales ? Laquelle sonnait l’Angélus du soir : la prière avec la nuit qui approche mais aussi un jour de moins à vivre ... ?

Plus prosaïquement nous apportons les précisions suivantes :
L’église comportait 3 cloches avant la révolution. Pendant celle-ci en vertu de la loi du 23 Juillet 1793 deux furent prélevées pour des besoins militaires, la Convention ayant décrété la patrie en danger.

- La plus ancienne date de 1522. Y est gravé en lettres gothiques : Sancta Maria ora pro nobis. MDXXII Didier SS. Te Deum laudamus. (Sainte Marie, priez pour nous. L’an 1522 Didier SS. Nous te louons Seigneur)
- Les deux autres, nommées Eugénie et Berthe datent de 1875.

L’accès aux cloches est délicat et il est fortement déconseillé de s’y rendre. L’accès est même strictement interdit.

Les textes des inscriptions gravées sur les deux autres sont :
- « L’an 1875 j’ai été bénite par M l’abbé Leclerc, archiprêtre, de la cathédrale de Limoges et nommée Eugénie. Parrain M. Auguste Clavaud, du bourg de St Priest la feuille ; marraine Eugénie Pradeau, du bourg de St Priest. Pie JX, pape ; Monsieur Duquesnay, évêque de Limoges ; M. l’abbé Cocq, curé de la paroisse. - Bolée, fondeur à Orléans. »

-  « L’an 1875 j’ai été bénite par M. L’abbé Cazaud, curé-doyen de La Souterraine, et nommée Berthe. Parrain Philippe Gaullier, du village du Coux ; marraine Berthe Charmes, du bourg de Saint Priest la Feuille ; François Gaullier, maire de la commune. Bolée et ses fils, fondeurs à Orléans. »

Les références ont été prises sur le « Dictionnaire topographique, archéologique et historique de La Creuse d’André LECLER.

Toutes les trois avec leurs mécanismes auraient aussi besoin d’un toilettage mais vu le poids des « demoiselles » il faut du savoir-faire.
Texte de Jean René Dufour