Auguste Coulon. (1887-1945)

Né le 31 décembre 1887 à Noth, il épouse Clothilde VAUGELADE en 1912 et s’établit à St Priest la Feuille où il crée une entreprise artisanale de charronnage. Deux filles naissent avant la guerre de 14/18 à laquelle il participe : Camille et Andrée. Sa conduite, lors de la grande guerre lui vaut alors l’attribution de la Croix de guerre et de la médaille militaire. Trois autres enfants naîtront après : Alice, Abel et Gilbert.

Homme intègre, militant communiste, il est élu en 1934 sur une liste de front commun de la gauche et désigné comme maire de sa commune. A la tête de son Conseil Municipal, il décide, le 23 février 1936 la construction de l’école dite « de filles » et de la salle des fêtes.
L’adjudication des travaux a lieu le 11 octobre 36 et la pose de la première pierre le 3 novembre de la même année. L’inauguration se déroule en septembre 1937. Cette école, moderne pour l’époque, comporte notamment au sous-sol des douches et bains, ce qui , dans le canton, était novateur.

En 1939, le parti communiste est mis « hors la loi » et le 5 décembre de la même année, sous le gouvernement de la 3ème république, Auguste COULON est arrêté par les gendarmes de La Souterraine et interné au camp de St Germain les Belles (Haute Vienne) au lieu dit « Bagatelle ».

Libéré, le 5 février 1940, à la suite d’une vive réaction populaire, il s’active à réorganiser son parti dans la région de la Souterraine et Le Grand Bourg. Le 1er mars 1940, par arrêté du Préfet de la Creuse, il est révoqué de sa fonction de maire de St Priest la Feuille et son Conseil Municipal dissout et remplacé par une délégation spéciale désignée par ce même Préfet.

Extrait de l’arrêté remis à son fils Gilbert « Est constatée la déchéance de Mr Coulon Auguste, conseiller municipal et maire de la commune de Saint-Priest-la-Feuille, se ses mandats de conseiller municipal et de maire... »

Communiste intègre qui n’a jamais renié son engagement politique, aidé par de jeunes communistes de Lizières, Noth, St Priest, il est avec Eugène PAILLER du Pommier de St Maurice, l’un des organisateurs du premier maquis créé en Creuse, à Montautre (limite des communes de Fromental et St Maurice). Durant la même période, il s’oppose à l’arrestation d’une famille juive hébergée au bourg de St Priest avec la complicité de son fils Abel (qui avait également pour mission de relever, de nuit, avec précision, le profil et les empreintes d’un rail et de le reproduire « grandeur nature » pour servir à l’instruction des saboteurs : modèle exposé au Musée de Champigny).

Le 13 octobre 1943, à l’instigation du chef milicien Teicher (cf marc PARROTIN : « mémorial de la résistance creusoise »), les gendarmes arrêtent à leur domicile les militants les plus connus dont Auguste COULON. Internés au camp de Nexon, puis à St Sulpice la Pointe (Tarn), ils sont livrés aux allemands, déportés à Buchenwald-Dora. Pas un ne revint !!!

Auguste Coulon décède le 18 mars au camp de Dora, suite à la dysenterie, la faim, l’immense fatigue et toutes les misères endurées dans ces lieux d’épouvante.

Extrait d’un courrier reçu par Clothilde COULON après la guerre « Madame,....Je ne vous donnerai pas tous les détails de ce que fut une vie quotidienne, passée avec votre mari, qui fut pour moi, en plus d’un camarade de souffrance, un père pendant ma déportation. Nous étions ensemble à St Sulpice et de ce fait avons donc quitté la France pour le « berceau du crime » le même jour. A Buchenwald, nous avons vécu la même vie atroce, le même régime d’angoisse. Jusqu’en janvier, j’ai travaillé avec lui au même chantier, à la même besogne, étant menuisier aussi...J’ai eu l’occasion de voir, la veille de sa disparition notre « papa Auguste », c’était en effet, le 17 février autant que mes souvenirs soient bons. Il avait cessé le travail depuis un mois environ et était dans un « bloch » baraque...La dysenterie l’a foudroyé et malheureusement votre mari fut terrassé malgré qu’il eut un assez bon moral jusqu’au bout... ».

Article rédigé par son Fils GILBERT COULON (ancien résistant) et son Petit Fils JACQUES AUFORT