27/10/2009. La légende de Saint Hubert.

Le 3 Novembre, c’est la fête des chasseurs, la Saint Hubert. Qui était ce saint patron ?
Un peu d’histoire.
Le duc Hubert, nom prédestiné comme on va le voir (Huc-bert signifie en Celte esprit brillant) serait né en 656 en Gascogne, descendant de Clovis, roi des Francs. Ses parents vont lui offrir une double culture : une immense piété venant de sa mère et de la part de son père un apprentissage viril de la violence des armes et de la traque des animaux sauvages. Athlète vigoureux dès l’âge de 12 ans, il massacre à coups de hache un ours qui attaquait son père. Après des études à Soissons, il vit chez un parent noble en Austrasie (Est de la Belgique actuelle) où il se marie et peut satisfaire à satiété sa passion de la chasse à courre : les Ardennes regorgent de gibiers de toutes sortes (cerfs, sangliers, lièvres, ...)

Le miracle du cerf crucifère.
Un jour il débusque un cerf exceptionnel (dix cors) qui lui fait face. Il saute de cheval, bande son arc mais avant de lâcher la flèche ferrée il s’aperçoit que les chiens se sont arrêtés et qu’une croix portée par les bois de l’animal brille de plus en plus. Il entend : « Jusqu’où vas-tu me poursuivre ? Où ta passion t’entraînera-t-elle ? Prend garde à la colère de Dieu ». Persuadé que cette voix est divine il lâche son arc, tombe à genoux et demande la conduite à tenir « Va à Maestrich consulter l’évêque Lambert ».

Hubert devient évêque, puis un saint.
Lambert catéchise Hubert, l’engage à renoncer aux vanités et amusements de ce monde (dont la chasse et ce n’est pas un mince sacrifice...) mais il obéit et se fait moine. Après quelques années, Remâcle, le Père prieur, à l’article de la mort l’envoie à Rome. Le pape lui demande d’être le successeur de Lambert. L’humilité le pousse à refuser mais de mystérieuses mains le revêtent d’une magnifique étole, ce qui le met devant le fait accompli. Pendant son sacre une clef d’or, cadeau de Saint Pierre lui-même, vient illuminer le chandelier qu’il tient en mains. Trois miracles pour le même homme, c’est beaucoup. Vénéré par le peuple qui voit en lui un protecteur contre les esprits malins, il deviendra un saint.

Une anecdote où deux passions s’affrontent.
Dans les années 50, dans les terres et les bois non remembrés de notre commune le gibier proliférait dans cet espace où la pollution n’existait pas. J’ai connu quelqu’un féru du spectacle de la nature qu’il savait narrer et conter comme personne. Notre homme était aussi passionné de chasse. Peu avant le crépuscule il allait à l’affût près d’un endroit appelé « Les pierres » où les lapins avaient creusé un réseau d’innombrables terriers. Un soir, tapi dans les fougères il observe pendant dix minutes, le doigt sur la gâchette deux lapins qui s’amusent par de multiples poursuites et de rencontres. Mieux encore, dressés sur leurs pattes arrière, ils semblent danser sous la lune. « Peut-être une parade nuptiale, c’était merveilleux... » Tout à coup ils se figent à l’écoute d’un bruit suspect. Avant de regagner leur asile une détonation fracasse l’air : il n’y eut pas de miracle pour un lapin amoureux...
Texte de Jean-René Dufour