10/04/2010. Randonnée découverte dans notre commune.

« Quels que soient ses goûts, tout le monde peut trouver son bonheur à St Priest la Feuille » C’est ainsi que commence le dépliant préparé et distribué par Jérôme Trindade à une quarantaine de personnes venues participer au circuit découverte qu’il propose ce samedi 10 avril 2010. Un fascicule clair, ordonné, illustré, fruit de ses études intéressées en BTS tourisme. Bienvenue à tous, merci à tous - organismes et personnes qu’il cite - qui m’ont facilité la tâche. Le soleil est de la partie donc à vos bâtons... pour ceux qui en ont !
L’église St Laurent.
Nous y passons souvent devant notre vieille église gothique du 13ème siècle ! Et pourtant il y a toujours à découvrir, observer, là une fenêtre murée, l’entrée avec ses deux voussures encadrée par les pierres des morts, deux corniches de modillons sculptés, la face nord, et l’intérieur rafraichi par l’Association patrimoine. !
Le dolmen de la pierre folle.
Tout chauvinisme exclu, c’est bien le plus beau de la région avec sa table qui le fait ressembler à un champignon. Depuis peut-être cinq millénaires il veille, sépulture de quel chef ? Notre guide nous apprend qu’il fut édifié en terre avec un savoir faire remarquable. Un tassement de ses supports l’avait transformé en pierre (légèrement) branlante d’où son nom de « pierre folle ». Cela contribua-t-il à l’origine de la légende qui l’auréole et que nous conte avec talent une jeune fille ? Pendant des millénaires, des barbares défilèrent le laissant intact mais c’est en plein 20ème siècle qu’il faillit être détruit. A méditer. !
Le « château »
Nous entrons dans le parc de la famille Binet. A l’entrée se tient « le petit château » qui servait encore de conciergerie dans les années 60. A l’emplacement du manoir actuel reconstruit au 19ème siècle se tenait un château médiéval encore debout à la révolution. Le panorama est splendide, s’étendant jusqu’à la vallée du Thaurion. Impossible de ne pas penser au savant Professeur Léon Binet qui venait s’y ressourcer mêlant ses talents de biologiste éclairé à l’art de conter la nature par exemple dans « Cent pas autour de ma maison ». Toutes proportions gardées, Jérôme ne nous entraine-t-il pas à faire la même chose autour de St Priest ? !
Le lavoir du Bourg
Un petit sentier amène à ce lavoir remis en état par l’Association patrimoine. Infatigable et discrète la petite fontaine laisse échapper un filet rejoignant les eaux dormantes qui ne renvoient plus les conciliabules des lavandières. !
La Villatte.
Nous traversons « La Villate », qui n’est plus qu’une remise agricole. Nous n’irons pas au tumulus situé au nord car l’accès est trop difficile. Seul se dresse un chêne géant aux branches ébouriffées qui n’arrive pas à se dépêtrer des taches du lierre qui l’assaillent !
. De Nernuit à Néravaud.
Ces deux villages dont les noms commencent par ner, noir au moyen-âge, étaient sans doute cernés de forêts. De forêt Jérôme nous montre un robuste « dinosaure », puissant châtaigner de 12 m de circonférence ! !
L’étang et le moulin de Néravaud.
Une bande de canotiers nous attend, disons une joyeuse cohorte de canards qui font fi des vagues soulevées par les haleines printanières (en Avril ne te découvre pas d’un fil...). Le vert-jaune d’un saule pleureur nous annonce pourtant les prémices du printemps. Madame Dauphin, propriétaire de l’étang nous permet de passer sur la chaussée et c’est là l’occasion d’évoquer quelques éléments d’une histoire compliquée faite d’une succession d’héritages, de mariages et peut-être aussi de revers de fortune. Les 15 hectares du plan d’eau furent construits au 14ème siècle par des moines. Des nobles vont l’acquérir (Jacques Foucaud seigneur de St Germain au 16ème siècle, la comtesse Michèle Marie Constance de Rochechouart, épouse du vicomte de Bridiers au début du 19ème). Après la révolution ce sont des bourgeois, puis des marchands de biens qui sont les détenteurs, à qui le père de Mme Dauphin l’achète il y a une cinquantaine d’années. L’histoire du ou des moulins-il y en avait deux- est parallèle mais on nous évite une évocation trop lourde. Aujourd’hui, on y pêche, carpes, tanches, brochets... et la société de pêche gère. !
Lascoux. Freminges.
Un merveilleux petit chemin au bord de l’étang nous conduit à Lascoux où l’on découvre une urne funéraire. Avec ses airs de faux dolmen, le chaos granitique de « La pierre au loup » interroge sur son nom. On se retrouve au bord du lavoir de Freminges, lui aussi restauré. Un joyau, digne d’une peinture de Corot. Le calme de la petite fontaine encadrée de murs rustiques et couverte d’une pierre légèrement arquée, le lavoir ceint de saules et de houx, pourraient servir de cadre à une histoire romanesque. !
En conclusion.
L’heure s’avance et il faut remonter à la salle des fêtes où Jérôme a prévu une petite collation pour nos gosiers desséchés et nos estomacs creusés. Nous le remercions pour son organisation impeccable, l’attention qu’il a mis à nous informer sans jamais déborder sur une érudition ennuyeuse et nous laissons quelques mots sur un petit questionnaire. Cette saine promenade a plus que justifié le titre d’un livre du professeur Binet « Creuse, mon beau pays »
Texte de Jean René Dufour