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Militaire au garde à vous devant les cercueils
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Hommage des filles
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Hommage des filles


3 Jeunes maquisards tués en 1944.



L’histoire de Jean STEIN, de son frère Robert STEIN et de Pierre LOUYAT est celle de trois jeunes Lorrains chassés de chez eux, dés 1940, par la progression des nazis et dont les familles se réfugièrent à Saint Priest-la-Feuille, au Bec et dans le Bourg, comme d’autres familles que les habitants ont accueillies et souvent protégées.

Jean, Robert et Pierre prirent les armes en 1944 dans le maquis du Limousin et la 1ère compagnie des Corps Francs pour accompagner de l’intérieur le débarquement des forces alliées. Ils succomberont sous les coups de la sinistre brigade Jesser.

Jean et Robert Stein (19 et 15 ans) furent volontaires pour participer avec une section de l’unité C.F.L. a une embuscade à La Pouge sur la nationale 141 le 16 Juillet 1944. L’un d’eux accepta de se poster à une centaine de mètres en avant de l’embuscade, en grimpant dans un vieux châtaignier pour mieux découvrir l’arrivée des ennemis. Une colonne motorisée de la brigade Jesser avançait vers La Pouge. Il tira un coup de fusil sur les Allemands qui ripostèrent et le blessèrent. Il tomba de l’arbre. Ses camarades ouvrirent le feu sur les assaillants avant de se retirer tandis que son frère essaya courageusement de lui porter secours. Tous deux furent cernés et capturés puis massacrés près de la route.

Pierre Louyat (19 ans) dormait dans une grange du village de Cosnat, commune de Vidaillat, qui fut attaqué dans la nuit du 16 au 17 juillet 1944 par la même brigade qui sema la terreur dans toute la région. L’ennemi balança des grenades sur l’aire où se reposaient les jeunes recrues et tira des rafales de mitraillettes, faisant quelques prisonniers tandis que morts et blessés vont être carbonisés dans le bâtiment incendié. Les prisonniers, frappés à coups redoublés, furent exécutés l’un après l’autre. Il y eut 10 morts cette nuit là. On ne sait si Pierre Louyat fut l’un des brûlés ou l’un des fusillés.

Tous trois ont été décorés par la Nation, recevant la Croix de guerre avec étoile d’argent à titre posthume. Leurs corps furent ramenés à la mi-septembre à La Souterraine où une foule de plusieurs milliers de personnes assiste à de dignes et émouvantes funérailles. Les militaires étaient au garde à vous devant leurs cercueils, accompagnés des scouts. Un hommage fut également rendu par les filles de toutes les communes dont Saint Priest-la-Feuille venues à pied accompagnées par leur instituteur.

Le 8 mai 2009, un vif souvenir de mémoire s’est exprimé à Saint Priest-la-Feuille lors de l’inauguration de rues, portant leurs noms. « Jean Stein, Robert Stein, Pierre Louyat sont morts pour nous, ici en combattant. Leur nom est gravé dans la pierre du Monument aux Morts à côté d’Auguste Coulon, Émile Martial, André Méraud, Raymond Perot, Georges Tixier. Ces trois jeunes ont osé se lever, avec souvent des moyens dérisoires, mais toujours avec leur courage, pour dire non à l’envahisseur et le repousser. Je fais le vœu pour qu’à l’avenir ces noms de rues ne restent pas sans signification, qu’on le rappelle aux enfants à l’école et montrons nous dignes de leur sacrifice, soyons à la hauteur de la France qu’ils ont défendue. » C’est en ces termes que le maire Gilles Neveu a honoré la mémoire de ces trois jeunes résistants morts pour défendre nos valeurs et notre liberté au cours de la guerre mondiale 39-45.

sources : Gisèle Léger, Marc Parrotin, le quotidien La Montagne

Témoignage de Roger Davre un jeune écolier réfugié au Grand-Breuil (voir également)
Les obsèques des 3 jeunes maquisards : Je tiens à préciser que la veille de cette cérémonie notre maître Mr Bourrat, école des garçons, nous avait demandé de venir le lendemain avec un bouquet de fleurs. Marie Roby, (ma famille d’accueil), m’avait préparé un bouquet de dahlias du jardin pour l’occasion.
Nous, les garçons y étions aussi.
Je tiens à préciser pour les raisons suivantes ! Imaginez un petit écolier de 11 ans parisien de surcroît chaussé "d’un paré d’sau en bois (d’une paire de sabots en bois), pas des galoches !! parcourant les 12 kilomètres du Grand Breuil à la Souterraine, et 12 au retour. Malgré la fatigue ça fait partie de mes bons souvenirs car pour ceux qui peuvent se remettre dans l’état d’esprit de l’époque "on avait fait un beau pied de nez aux boches".

 








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Transport des cercueils