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Roger au Breuil à 10 ans 1/2


1944 - Roger, "un p’tit réfugia" - préface -

Témoin de son temps, 70 ans plus tard, Roger DAVRE raconte.

Ce récit est divisé en épisodes. Voici le résumé de la 2ème partie.

Je n’avais pas onze ans et déjà pleins de souvenirs fabriqués par cette guerre. Nous allions découvrir notre Amérique à nous : La CREUSE ! !

En début d’année 1944 le maître d’école de la rue Prisse d’Avesnes (mon école) nous a fait recopier le message suivant inscrit au tableau à remettre à nos parents.

"La croix rouge fait savoir aux parents que les familles qui souhaiteraient envoyer leurs enfants à la campagne dans des familles d’accueil sont priées de se faire connaître au bureau du directeur".

J’ai donc remis ce document à mes parents en insistant que je voulais partir à la campagne parce que je ne me plaisais pas à Paris (ou nous avions emménagé 6 mois plus tôt). En réalité je souffrais en silence avec un maître d’école trop dur avec moi !! Bon j’ai bien plaidé ! et l’accord fût donné.

À l’origine on parlait d’aller dans le Jura. Moi la montagne çà me plaisait bien, les forêts et les prés aussi. Le départ était fixé au 4 mai et au dernier moment on nous a dit que ce serait direction la Creuse ! je ne savais même pas que çà existait !!

Donc le 4 mai 1944 au matin on s’est retrouvés devant la mairie du 14ème toute une bande de gamins des différentes écoles du 14ème, sans doute plus d’une centaine. De là, direction gare Austerlitz et en route pour ?

Partis vers midi nous sommes arrivés à Orléans en début de soirée. Là on a mangé des casse-croûte et passé la nuit dans le train à attendre l’autorisation de traverser la Loire car le pont avait dû être bombardé et dans un état précaire. Le pont passé, le voyage s’est déroulé un peu plus vite et le soir nous étions à Guéret direct sans changement !!

Là on nous a dirigés dans un genre d’hôpital (je pense que c’était Sainte Feyre). On a enfin mangé et dormi là.

Le lendemain matin des responsables de la croix rouge sont venus pour "faire des lots" pour chaque commune. Ceux de notre école, nous sommes restés groupés pour ne pas être ventilés dans différents coins. C’est comme ça que nous nous sommes retrouvés dans un car en route pour Saint-Priest-la- Feuille avec notre accompagnateur Mr Guérin je crois !

Nous sommes arrivés pour le repas de midi. Les tables étaient mises dans la salle de cantine au milieu de laquelle il y avait une marmite énorme, une chaudière pour faire la "brenade à lou gorets" mais bien propre et qui ne servait que pour la cantine. On a mangé de la blanquette de veau, avec du pain BLANC !

Là a commencé le cérémonial de la répartition des enfants !! C’est Odette Cadillon venue avec Raymond Roby qui a dit « on veut celui-là il a l’air bien mignon ! » et c’est comme ça que je suis arrivé au Grand Breuil.